Regards croisés sur les planètes habitables – Grande Mosquée – Paris 5ème – 17 février 2005

1ère rencontre

Jeudi 17 février 2005

C.I.E.U.X. de Paris 5ème – Grande Mosquée de Paris, 2 bis place du Puits de l’Ermite, 75005 Paris

 

Dialoguer autrement :

Regards croisés sur les planètes habitables

 

Rencontre Interreligieuse

 

Grande MosquÉe de Paris

place du Puits de l’Ermite – 75005 Paris

 

Jeudi 17 février 2005

15h – 17h

 

Peut-on croire aux extraterrestres sans être un fan de science-fiction, un spécialiste des soucoupes volantes ou un ufologue ?

 

 

 

      14h30                   Accueil des participants

 

15h00                   Ouverture du Dialogue par Alexandre Vigne

président de C.I.E.U.X.

 

15h05 – 15h30            Commentaire du Coran par Djelloul Seddiki,

Directeur de l’Institut de théologie, Mosquée de Paris

 

15h30 – 15h55            Commentaire des Hadiths par Eric Geoffroy

professeur d’islamologie à l’université de Strasbourg

 

15h55 – 16h20            Commentaire des instructions de l’Autorité religieuse

par le Cheikh Khaled Bentounès,

guide de la Confrérie soufie Alawiya

 

16h20 – 16h40            Débat avec les élèves. Modérateur : Jean-Paul Sibbille,

ass. Planète Mars, professeur au lycée professionnel de Lisieux

 

16h40 – 17h00            Table-ronde avec la participation de

– Jean-Pierre Allali,

Vice-Président de l’Amitié Judéo-musulmane de France,

Père Michel Anglarès,

Curé de Notre-Dame de Pentecôte (esplanade de La Défense),   enseignant en anthropologie à l’Institut catholique de Paris

Vénérable Elizabeth Drukier,

Directrice du Centre Kalachakra de Paris

– Stéphane Grés,

membre du Centre Kalachakra de Paris, doctorant sur la sécurisation des embarcations spatiales à l’Université de Technologie de Compiègne

– Père Antoine de Monicault,

Curé de Notre Dame de Bonne Nouvelle (rue de la Lune à Paris)

Swami Veetamohananda,

Président du Centre Védantique Ramakrishna de Gretz

 

 

Sortie pédagogique à la Mosquée de Paris avec le Lycée Georges Brassens de Courcouronnes (Essonne)

Rencontre inter-religieuse et laïque

Jeudi 17 février 2005

Ouverture du dialogue par Alexandre Vigne, Président de C.I.E.U.X.

Permettez-moi, tout d’abord, de remercier le Recteur Dalil Boubakeur pour son hospitalité. Une fois de plus, il montre l’exemple à suivre aux autres mosquées de France : un lieu de culte a aussi pour mission de recevoir les représentants de différentes religions pour leur offrir l’occasion de dialoguer.

Nous allons célébrer plusieurs anniversaires aujourd’hui. La Charte du culte musulman fut proclamée il y a dix ans, ici même par le Recteur Boubakeur qui écrivait : «La cohésion sociale et l’unité nationale de la France ne sont pas fondées sur une ethnie ou une religion, mais sur une volonté, celle de vivre ensemble et de partager les principes de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et les valeurs républicaines» (article 4).

Eh bien justement, nous célébrons un autre anniversaire aujourd’hui, celui du centenaire de la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat. La loi de 1905 a mis un terme à l’expression du religieux dans l’espace politique, de même qu’elle a interdit l’expression du politique dans l’espace religieux. Mais elle n’a pas réglé la question de l’expression du religieux dans l’espace public. La France reste le seul pays européen à ne pas avoir d’enseignement religieux obligatoire dans l’école publique, à l’exception des départements d’Alsace et de Moselle. Pourtant, dans les collèges et les lycées, il figure au programme de l’histoire et de l’éducation civique juridique et sociale. Le gouvernement devrait mettre fin à la rentrée prochaine à cette situation paradoxale. Un débat à lieu en ce moment au Ministère de l’Education nationale pour rendre obligatoire l’enseignement des religions.

La question de l’expression du religieux dans l’espace public a reçu une autre réponse : la loi sur l’interdiction de signes religieux ostensibles dans les collèges et les lycées, ne limite pas l’expression des opinions religieuses. Au contraire, elle encourage l’expression des convictions religieuses non par le paraître et la provocation mais par l’être et la raison. C’est un vieux débat qui a agité la France durant des siècles entre d’un côté les moines clunisiens qui voulaient représenter les personnages de la Bible sur les églises et les moines cisterciens qui s’y opposaient. Eh oui, il y a eu en France des religieux qui ont interdit les signes religieux dans les édifices religieux !

En conscience, selon moi, la loi sur l’interdiction des signes ostensibles à l’école n’est ni plus ni moins que la revanche des cisterciens sur les cliniciens. Les cisterciens entendaient que la foi soit exprimée avant tout par la parole et qu’elle repose sur des arguments. C’est exactement ce que veut le Ministère de l’Education nationale qui souhaite que les élèves apprennent à débattre non à partir de préjugés mais au recours d’arguments fondés en raison.

Après la Charte du culte musulman, après la loi de 1905 nous célébrons aujourd’hui un troisième anniversaire : la découverte en France, il y a 10 ans, d’une planète située en dehors de notre système solaire. C’est en effet en 1995, à l’Observatoire de Haute Provence, que les astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz ont apporté la preuve de ce que Galilée démontra voilà quatre siècles : des planètes tournent autour de soleils partout dans l’univers. L’affaire Galilée reste le symbole du conflit entre la science, autrement dit, la connaissance et la religion. Galilée fut contraint de se dédire car son hypothèse, l’héliocentrisme, rendait possible l’existence d’une vie extraterrestre.

Aujourd’hui, les responsables des religions juives, chrétiennes, musulmanes, bouddhistes et hindouistes sont réunis pour en parler sereinement. A n’en pas douter, ce dialogue inter-religieux sur l’exploration de l’univers dérangera tous ceux qui veulent cantonner les religions dans leur obscurantisme passé. Mais cela réjouira tous ceux qui veulent qu’entre l’école publique et les religions une fraternité s’instaure dans la recherche de la vérité.

Vénérable Elizabeth-Drukier
Recteur Dalil Boubakeur
Jean-Pierre Allali
Alexandre Vigne
Swami Veetamohananda
Père Antoine de Monicault
Djelloul Seddiki
Père Michel Anglarès
Stéphane Grés
Claude Roels
Eric Geoffroy
Jacques-Yves Bohbot
Voter ici