L’amour – Synagogue Abravanel – Paris 11ème – 18 mai 2008

40ème rencontre

dimanche 18 mai 2008

C.I.E.U.X. de Paris 11ème – Synagogue Abravanel – 86 rue de la Roquette, 75011 Paris

 

CIEUX Paris XIème

 

Rencontre intercommunautaire

dimanche 18 mai 2008

Synagogue Abravanel

86 rue de La Roquette – 75011 Paris

 

Compte rendu

 

thème : devoir

 

Droit proclamé : “le devoir de promouvoir l’amour envers l’homme et son œuvre créatrice”

(Déclaration des Nations Unies concernant la promotion parmi les jeunes des idéaux de paix, de respect mutuel et de compréhension entre les peuples)

 

 

Ouverture par Alexandre Vigne

Pouvoir dialoguer et apprendre à se connaître

 

Père Henri de La Hougue

il n’y a pas de dialogue interreligieux sans d’abord une rencontre

 

Serge Benhaïm (président de la synagogue)

 

Je souhaite la bienvenue à tous nos frères.

Un des signes de notre religion, c’est la circoncision, qui se pratique aussi chez les musulmans : c’est une ouverture. Etre en face de quelqu’un, l’entendre et lui faire une place dans notre existence. Ce n’est pas pour être en confrontation, mais être à la disposition de l’autre, pour l’aimer.

Lorsque nous avons la Parole, vous savez que nous sommes très attaché au texte : le comprendre, l’interpréter et l’enseigner. Aujourd’hui, nous célébrons la mort de notre grand rabbin. Il était très attaché à Dieu. Cet attachement l’a poussé à être enterré au bord de l’eau (lac de Tibériade). L’eau bougeant tout le temps, la Parole sera toujours là où je serai. Notre peuple doit aimer la terre, la garder, la ménager. La terre est très patiente : elle attend pour nous recevoir. Dieu attend énormément de nous. Dieu doit être content de voir tous ses enfants réunis  ici avec respect et affection.

 

Pasteur Daniel Bouissou

 

Mes chers amis

Salam, Shalom, que la paix du Seigneur soit sur vous tous et sur tous vos proches.

Je tiens tout d’abord à vous dire la joie qui est la mienne de me retrouver aujourd’hui parmi vous, Juifs, Musulmans, Chrétiens de diverses confessions. C’est la première fois que je participe à une réunion de ce groupe interreligieux. Jusqu’à présent, c’est mon collègue le Pasteur Vincens Hubac de l’Église Réformée de France qui représentait l’aile protestante au sein de ce dialogue.

Il se trouve que Vincens était aujourd’hui empêché par d’autres obligations pastorales et de ce fait, notre ami Alexandre Vigne m’a demandé de le remplacer. Ce que je fais, encore une fois, avec joie.

Alors, Alexandre m’a demandé de prononcer une courte présentation d’une dizaine de minutes sur le thème “le devoir de promouvoir l’amour envers l’homme et son œuvre créatrice » étant bien entendu que cette présentation a pour but d’illustrer la façon dont une sensibilité protestante peut aborder ce texte et s’en saisir.

Bien sûr, et je crois que cela a été la première réaction de mon collègue Vincens Hubac, devant ce texte, on ne peut être que saisi par la mise en tension, sans doute volontaire, mise en tension entre deux termes qui semblent ne pas appartenir aux mêmes champs éthiques, psychologiques, philosophiques. Vous l’aurez compris, c’est la mise en tension entre le mot « devoir » et le mot « amour ».

À première vue, et je dis bien à première vue, ces deux mots semblent se repousser l’un l’autre. Vous voudrez bien me pardonner l’exemple que je vais donner en forme de « clin d’œil », mais il me semble bien illustrer cette opposition apparente. En français, on peut parler « d’amour conjugal », on peut aussi parler de « devoir conjugal ». Mais on voit bien que nous ne sommes pas là dans un même registre.

L’amour conjugal est une chose qui est, ou qui devrait être, une expérience exaltante où deux libertés choisissent de s’accorder pour vivre en commun un projet ; oui, il y a dans l’amour conjugal une dimension à la fois de joie, de liberté, de dépassement de soi qui est de l’ordre du don.

Dans la notion de « devoir conjugal », au contraire, on perçoit une sorte de contrainte, d’obligation, qui est à l’opposé du don.

Chacun sait que la façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne, comme le dit le proverbe populaire. Et effectivement, il ne peut y avoir don sous la contrainte, le don véritable implique la liberté de donner, sinon, nous ne sommes pas dans l’univers du don, mais dans celui de l’obligation.

Je n’entrerai pas ici dans les subtilités anthropologiques soulevées par Marcel Mauss qui, dans un livre célèbre, parlait de « l’obligation de donner », mais cela est une autre histoire.

Si les mots « devoir » et « amour » semblent se repousser l’un l’autre, c’est que nous avons une habitude bien ancrée de faire entrer l’amour dans le champ des sentiments ou des passions… or, il me semble justement que, d’un point de vue de nos rapports à Dieu et aux hommes, cet a priori n’est pas aussi évident que cela et c’est sur ce point que je voudrais insister.

Dans les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), une question est posée à Jésus : « quel est le plus grand commandement dans la loi ? ». Jésus répond : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée. C’est là le plus grand et le premier commandement. Un second est aussi important : tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Vous aurez reconnu dans ces deux commandements cités par Jésus deux citations tirées la première du Deutéronome (Devarim), la seconde du Lévitique (Vaykra).

Dans la pensée biblique, commandement et amour ne sont pas du tout opposés. Ce qui soulève bien évidemment la question : comment peut-on commander d’aimer ? L’amour, ça ne se commande pas, l’amour, c’est un sentiment, on ne commande pas ses sentiments. Apparemment, il y a là un paradoxe.

Mais on peut pousser ce paradoxe encore plus loin. Dans le 5e chapitre de l’évangile de Matthieu, Jésus dit à la foule venue l’écouter : « moi je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent afin d’être vraiment les fils de votre père qui est aux cieux ».

J’ai souvent entendu dire par certains paroissiens à propos de ce passage : c’est là une mission impossible, comment peut-on aimer, aimer d’amour, aimer d’un sentiment d’amour, un ennemi, quelqu’un qui vous a fait du mal ; ou peut-être pire encore, qui a fait du mal à quelqu’un que nous aimons, qui nous est proche…

C’est vrai, c’est totalement impossible, sauf peut-être pour quelques personnalités spirituelles d’exception, très avancées sur le chemin de la sagesse…

Mais alors…

Alors, il se pourrait bien que l’on se trompe lorsque l’on parle de l’amour uniquement comme un sentiment. Je sais qu’il arrive parfois que je choque certains lorsque je le dis mais je suis intimement persuadé que, dans la tradition chrétienne, héritière de la tradition juive, l’amour n’est pas d’abord un sentiment. C’est un commandement divin. C’est un commandement divin qui nous fait un devoir — nous retrouvons ici notre thème — oui, qui nous fait un devoir non pas de contraindre nos sentiments, ce qui serait bien sûr quasiment impossible, mais de contraindre nos comportements.

Un penseur juif que j’aime beaucoup, il s’agit d’Erich Fromm a écrit un très beau livre qui s’appelle « L’art d’aimer ». rien à voir bien sûr avec le livre d’Ovide qui porte le même titre. Dans ce livre qui n’est pas à proprement parler un livre religieux, mais qui peut apporter beaucoup aux croyants de tous bords, Erich Fromm montre en effet que, si l’on considère l’amour uniquement comme un sentiment, comme un coup de cœur, comme une passion, on risque fort de se fourvoyer.

L’amour est ce quelque chose qui fait que l’on considère l’autre comme un autre soi-même et soi-même comme un autre pour reprendre le titre d’un livre célèbre du philosophe Paul Ricoeur. Dès lors, les perspectives changent. Ce n’est plus ma passion qui commande, c’est ma foi et c’est ma raison. S’il est impossible d’avoir un sentiment d’amour pour un ennemi, je puis, par ma foi et par ma raison, avoir un vrai comportement d’amour envers lui. Si l’on ne peut pas me contraindre à aimer tous les hommes, par ma foi, par ma raison, je peux voir dans tout autre, dans n’importe quel autre, un être créé à l’image du Très Haut et qui, par cette ressemblance, mérite d’être traité au travers de comportements d’amour. À ce titre, l’amour n’est pas une herbe folle comme l’écrivait Erich Fromm avec raison, l’amour est une plante puissante mais fragile, qui mérite toute notre attention, qui doit être soignée, entretenue, protégée. Oui, à ce niveau, l’amour est bien un art au sens le plus haut du terme. Il est continuité, reprise de cet amour divin là où notre être s’origine.

C’est pourquoi, dans la première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul en parlant d’amour, n’utilise aucunement un langage de l’être, il ne nous dit pas ce qu’est l’amour, la nature de l’amour ou la substance de l’amour. Il adopte au contraire un langage du « faire ». l’amour jamais n’est défini par l’apôtre de façon abstraite, mais par une série de verbes, c’est-à-dire en définitive par l’action que cet amour traduit : « l’amour prend patience, il ne cherche pas son intérêt, il ne se réjouit pas de l’injustice, il endure, il trouve sa joie dans la vérité ».

Ainsi, il faut retourner la façon habituelle de parler de l’amour, il ne faut pas dire : si vous aimez, vous ne vous enflerez pas d’orgueil, si vous aimez, vous prendrez patience, si vous aimez, vous pardonnerez, si vous aimez, vous n’entretiendrez pas la rancœur, etc.

Il faut plutôt dire : ne vous enflez pas d’orgueil, prenez patience, n’entretenez pas de rancœur, pardonnez et alors, oui, vous aimerez.

C’est en cela que devoir et amour, commandement et amour, non seulement ne s’excluent pas, mais s’appellent l’un l’autre.

Et c’est à cela peut-être, sans doute, que l’on peut reconnaître les fils et les filles du Très Haut.

 

Cheikh Ahmed

 

Au nom de Dieu, de notre père Abraham et au nom de tous les prophètes…

Quand Joseph a eu des problèmes avec ses frères, il a dit : “C’est le diable qui est venu entre nous. je vous pardonne”. C’est le diable qui continue à nous faire pleins de problèmes pour que nous ne soyons pas unis. Si on suit réellement les trois grands prophètes et si on dit la bonne parole… Revenir à ce qui nous rassemble.

Je prie Dieu pour qu’il ouvre le cœur de chacun, pour que tous nous soyons réunis autour d’une vérité commune. Nous pouvons ne pas être d’accord comme le furent les nations avant nous, mais le principal c’est que nous puissions dialoguer, trouver la vérité avec la sagesse.

Nous vous saluons tous, et, en particulier, nos hôtes. Que toute l’humanité trouve le bonheur.

Dieu a demandé à l’homme de s’occuper de la nature. Souvent, l’homme n’a pas rempli son devoir. Demander à Dieu de nous soutenir dans les difficultés, de ménager la haine de nos ennemis. Seule la prière a été notre arme.

 

Daniel  Elkoubi

 

Monsieur le Président,

Messieurs les membres de la commission administrative de

la synagogue,

Messieurs le représentants des différentes églises,

Messieurs les représentants de l’Islam,

Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

Lorsqu’en 1960, année de ma naissance, mon père, alors

jeune instituteur, qui fut aussi et surtout mon maître dans le

domaine du savoir spécifiquement juif, décide de créer au

Maroc dans sa ville de Mekhnès, un cercle d’amitié judéomusulmo-

chrétien, pour faire découvrir à ces courants

spirituels, la richesse de notre tradition, il ne se doutait pas

que 48 ans plus tard, j’interviendrai dans des circonstances

similaires, pour tenter de poursuivre son oeuvre. Permettez

moi donc de vous faire part de ma profonde émotion et de

ma fierté en cet instant où je m’adresse à vous pour

témoigner de l’étonnante vitalité, de la surprenante actualité

de cette tradition, vieille de 3000 ans.

 

Dans cet exposé, nous n’allons pas aborder le sujet de la prière d’une

manière générale mais nous tenterons de résumer l’enseignement des

maîtres de la tradition juive sur la prière abordée sous l’angle

spécifiquement juif.

Il faut en préambule rappeler que le judaïsme repose sur deux piliers :

-l’étude

-la prière

Je ne vous ferai pas l’affront de souligner la place centrale qu’occupe dans

le vie juive, l’étude de nos textes, aussi bien Loi écrite que Loi orale. Les

communautés juives dispersées au quatre coins du monde n’ont jamais

connu de phénomène d’analphabétisme. Là où des juifs se sont installés,

s’est immédiatement constituée une structure scolaire pour encadrer les

enfants et leur donner méthodiquement les clés permettant d’accéder au

savoir. Mais cela constituerait un sujet en soi.

Aujourd’hui, nous allons nous entretenir de l’autre axe central de la vie

juive: La prière.

SOURCE

Il est curieux de constater que la prière n’est pas un acte spontané, laissé à

la libre appréciation de l’orant. Tout y est codifié, légiféré, organisé,

structuré.

C’est une MITSVA DE PRIER. Une obligation donc une contrainte. Mon

père (zal) m’a toujours enseigné que lorsque la Thora exige, cela signifie

que, sans cet ordre, l’homme se détournerait de cette exigence, ici en

l’occurrence du devoir de prier. Naturellement, instinctivement, l’homme

n’est pas porté vers ce sentiment religieux. Il lui faut donc un ordre venu

de la conscience morale extérieure, de la parole de D. pour s’obliger à

prier.

La source du devoir de prier se trouve dans DEVARIM, Deutéronome, ,

XI, 13.

פרק יא פסוק יג _ דברי

_ ה אֶתְכֶ _ נֹכִי מְצֶַ _ ר _ תַי אֲֶ _ אֶל מִצְ _ מְע _ְ_ מֹעַ ִ _ ָ _ וְהָיָה אִ

בְכָל _ _ כָל לְבַבְכֶ _ ְ  לְעָבְד _ _ הֲבָה אֶת יְדֹוָד אֱלֹהֵיכֶ _ לְ ___ הַ

: _ כֶ_ נַפְְ

 

Traduction : « Si vous écoutez mes commandements que je vous ordonne

aujourd’hui pour aimer l’Eternel et votre D-ieu et le servir de tout votre

coeur et de tout votre âme. »

« Et vous le servirez de tout votre coeur ». Nos maîtres refusent de voir

dans le texte biblique la simple affirmation d’une recommandation faite à

l’homme de servir de manière diffuse et arbitraire son Créateur avec son

coeur. La Thora, expression de la parole Divine parle pour dire, pour

enseigner, pour transmettre.

Le Talmud de Babylone dans le traité de Taanit p, 2a, saisit cette occasion

et dévoile l’implicite, le non-dit où comme disait Lévinas l’au-delà du

verset.

ב עמוד א _ תלמוד בבלי מסכת תענית ד

ולעבדו _ י”א+ לאהבה את ה’ אלהיכ _ דתניא: +דברי

, איזו היא עבודה שהיא בלב – הוי אומר זו _ בכל לבבכ

תפלה

:Traduction

פרק יא פסוק יג _ רש”י דברי

– עבודה שהיא בלב. וזו היא _ ולעבדו בכל לבבכ

תפלה, שהתפלה קרויה עבודה,

Traduction :Qu’appelle t-on travail du coeur , il s’agit de la prière.

REMARQUES :

Le terme de prière en français est réducteur : Il signifie exclusivement,

requête demande supplication. Il est dérivé du latin « précarius » qui

signifie : obtenu par la prière. Le mot précation( apparu en 1869) désigne

une figure de la rhétorique par laquelle, on s’adresse à D-ieu par une

prière. Il y a donc un lien entre précarité et prière. Précaire signifie : Qui

est octroyé et donc qui est révocable à tout instant.

Or la prière juive contient aussi des temps d’affirmation, de proclamation

comme le CHEMA : « Ecoute Israël, L’Eternel est notre D-ieu, l’Eternel

est Un »

-Nous allons employer une terminologie, un vocabulaire biblique c’est-àdire

HEBRAIQUE pour saisir à partir des nuances divines de la langue

sainte la véritable dimension de ce concept. Parmi les nombreuses

 

appellations de la prière dans la tradition juive, nous allons en retenir

deux :

1-Téfilah : La racine : Pillel qui signifie : Se juger. En priant, j’apprends

donc à me juger pour mériter ce que je demande. J’apprends aussi à me

connaître. C’est en allant vers LUI, que je retourne à moi. « Lech lecha »

dit D. à Abraham en lui ordonnant de se mettre en marche vers la terre

d’Israël. Le Zohar, la tradition mystique, lit ce texte non pas uniquement

comme un appel au voyage mais aussi comme un appel à se diriger vers

soi. Reviens vers à toi en écoutant Sa Parole.

2-Amidah : Littéralement se tenir debout devant D. Nous allons y

revenir dans un instant. Avant cela, nous devons mettre en évidence que la

prière est appelée SERVICE ou TRAVAIL. Il y a donc une discipline

dans cet acte de l’homme juif croyant. Nous allons décrire sommairement

le cadre apparemment rigide de ce « travail » :

– Premier Aspect : La posture : Le point culminant de la prière juive est

la amida : Le juif priant D. se tient debout dans un face à face, dans une

attitude noble, digne, debout sur le sol, le plus loin possible de celui ci,

dans une tentative de s’élever au dessus de la matière. Debout et les pieds

joints, disent nos maîtres, à l’image des anges. Unité de l’être en tension

vers l’Etre de l’Unité.

– Deuxième aspect : l’attitude : La amida se récite à voix basse, à peine

audible, dans l’intimité de son être dans un acte de vérité authentique. Mon

silence faisant écho au silence de Son Eternité.

– Troisième aspect : La Direction : Tout juif qui désire prier doit se

tourner vers Jérusalem. Jérusalem, seul lieu saint pour les juifs depuis plus

de 3000 ans. Pas une ville parmi d’autres. La ville de nos rêves et de tous

nos espoirs. Cité qui transcende les conflits politiques, les convoitises

diverses et tardives. Mais laissons parler à nouveau nos textes, ceux de la

tradition, écrits voilà 2000 ans, fruits de cette transmission, véritable

laboratoire humain de la connaissance universelle.

 

Talmud de Babylone, Traité Talmudique de Bérachot, p 3

ל עמוד א _ תלמוד בבלי מסכת ברכות ד

את הרוחות 6 : סומא ומי שאינו יכול לכוי 6 תנו רבנ

א’ ח’+ _ , שנאמר +מלכי _ לבו כנגד אביו שבשמי 6 – יכוי

והתפללו אל ה’;

; את לבו כנגד אר 6 – יכוי _ לאר _ -היה עומד בחו

< דר < א’ ח’+ והתפללו אלי _ ישראל שנאמר: +מלכי

;_ ארצ

את לבו כנגד 6 ישראל – יכוי _ – היה עומד באר

< א’ ח’+ והתפללו אל ה’ דר _ , שנאמר: +מלכי _ ירושלי

העיר אשר בחרת;

6 – יכוי _ היה עומד בירושלי -A l’époque où le temple existait :

ב’ ו’+ _ את לבו כנגד בית המקדש, שנאמר: +דברי הימי

והתפללו אל הבית הזה;

את לבו כנגד בית 6 היה עומד בבית המקדש – יכוי

א’ ח’+ והתפללו אל _ , שנאמר: +מלכי _ קדשי הקדשי

הזה; _ המקו

את לבו כנגד 6 – יכוי _ היה עומד בבית קדשי הקדשי

l’Arche sainte contenant les tables de la Loi ; בית הכפורת

Traduction :

« Une personne non voyante ou qui ne se repère pas dans l’espace pour

trouver la direction de Jérusalem, orientera directement son coeur vers Dieu..

Si le personne prie en dehors d’Israël, elle se tournera vers la terre

d’Israël ;

Si elle se trouve en Israël, elle se tournera vers Jérusalem.

Si elle se trouve à Jérusalem, elle se tournera vers le Temple de

Jérusalem.

Si elle se trouve dans le Temple de Jérusalem, elle se tournera vers le

Saint des Saints.

Si elle se trouve dans le Saint des Saints , elle se tournera vers l’Arche

Sainte contenant les Tables de la Loi. »

Poursuivons notre exploration de ce monde de la prière.

La téfila, pour être plus efficace sera communautaire parmi un quorum

minimum de 10 hommes âgés de plus de treize ans. La rencontre avec D.

6

se fait parmi les hommes, au milieu de son peuple. Elle se fait dans la

communauté et POUR la communauté. Rabbi Pinhas de Koretz, éminent

maître du Hassidisme du 18 ème siècle enseignait : « Une prière qui n’est

pas prononcé au nom de tout Israël n’est pas une prière »

– De préférence l’officiant devra être marié. Pour s’immerger dans l’amour

de D., il faut avoir senti le feu dévorant de la passion pour une femme, sa

femme.

Structure de la prière au sens large. A l’instar de l’échelle du rêve de

Jacob, la prière juive se veut être un voyage initiatique qui mène l’homme,

degré après degré vers les hauteurs de la connaissance Divine. L’homme

juif qui prie est un homme qui rêve, comme Jacob, qui rêve d’un monde

meilleur.

Selon l’explication des maîtres de la kabbalah, la mystique juive, la prière

juive dans sa totalité est constituée de quatre mondes à traverser, quatre

grandes parties depuis le monde de l’Action, le monde de la Formation, le

monde de la Création et enfin le monde de l’Emanation, le plus proche du

Divin. Car la amida constitue le point culminant de ce travail effectué en

amont. Apres tant d’efforts, me voilà enfin dans le palais du Roi.

Ivresse spirituelle. Et maintenant, je dois oser Lui parler, formuler mes

requêtes.

Le texte de la amida a été rédigé par les membres de la Grande Assemblée,

en l’an moins 600 de l’ère commune, lors du retour des exilés après le

reconstruction du second temple de Jérusalem. Ces membres, au nombre

de 120, comme ceux du parlement israélien aujourd’hui, étaient, selon la

tradition, tous des prophètes. Les mots choisis leur ont été inspirés par un

souffle divin. Ils contiennent donc des secrets profonds. Chaque lettre est

l’objet d’une exégèse attentive. Ces bénédictions exactement (19)

provenant de D. lui sont restituées par l’homme lors de la récitation de la

amida. L’homme juif en prière devient prophète.

Pour résumer l’ensemble de notre propos, je voudrais citer in extenso un

paragraphe du Choulchan Arouch, rédigé au 16éme siècle en Terre Sainte

par Rabbi Joseph Caro, le code de loi consulté par chaque juif lorsque se

pose à lui une question concernant sa vie spirituelle. Ce n’est pas un

ouvrage réservé à une élite vivant une vie d’ascète loin des tensions de la

vie dans la Cité. Il s’adresse à tous. Il parle à chacun d’entre nous. Cette

exigence que nous allons découvrir donne tout son sens au deux

expressions qui désignent la prière juive dont nous avons parlé jusqu’à

présent. Téfila et amida. Se juger et être debout devant D.

 

Orach Haym Chap, 98.

צח ! סימ _ אורח חיי ” ערו ! שולח

א = סעי

בלבו פירוש המלות שמוציא 6 שיכוי < המתפלל צרי

בשפתיו;

-ויחשוב כאלו שכינה כנגדו; ויסיר כל המחשבות

הטורדות אותו עד שתשאר מחשבתו וכוונתו זכה בתפלתו;

היה מסדר _ בשר וד < -ויחשוב כאלו היה מדבר לפני מל

יפה לבל יכשל, ק”ו =קל וחומר= לפני _ בה 6 דבריו ומכוי

ממ”ה הקב”ה שהוא חוקר כל המחשבות.

_ ואנשי מעשה, שהיו מתבודדי _ חסידי _ היו עושי < – וכ

להתפשטות הגשמות _ עד שהיו מגיעי _ בתפלת 6 ומכווני

קרוב למעלת _ ולהתגברות כח השכלי, עד שהיו מגיעי

הנבואה.

Traduction :

– L’orant doit tourner son coeur vers le sens des mots qui sortent de sa

bouche.

On doit penser que la Présence divine est en face de soi.

Il faut supprimer toute pensée étrangère pour que pensée et esprit soient

pures quand on prie.

On doit penser que, si l’on parlait à un roi de chair et de sang, on pèserait

ses mots et les ordonnerait dans son esprit, pour ne pas bégayer. Il faut le

faire d’autant plus devant le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit Il, Qui

sonde toutes les pensées.

Ainsi font les saints et les gens d’action: ils s’isolent et prient avec ferveur

au point de se défaire de toute matérialité et d’accroître leurs facultés

intellectuelles, de sorte qu’ils atteignent presque le niveau des prophètes.

En guise de conclusion, je raconterai une histoire.

« Quelqu’un insistait un jour pour obtenir de Rabbi Chlomo de Karlin,

rabbin d’Europe de l’est du 18ème siècle, la promesse de sa visite le

lendemain. Il s’exclama : « Comment veux tu que je te fasse une telle

promesse ? Je vais dans quelques heures prononcer la prière du soir et

dire le Chéma Israël, ce qui me porte l’âme jusqu’aux bords de la vie ;

Puis viendra l’obscurité du sommeil et au lever, ce sera la grande prière

matinale qui est une avancée à travers tous les mondes, et enfin la

prosternation pendant laquelle l’âme se penche au dessus des frontières de

la vie. Peut être que je ne mourrai pas cette fois ci encore ; mais comment

te promettre de faire quoi que ce soit après avoir prié ? »

Il fut ainsi fidèle à la doctrine du BECHT, son maître qui dit qu’avant de

prier, il faut s’apprêter à mourir parce que la ferveur de la prière réclame

le total don de soi.

Détail tragique :

Rabbi Chlomo de Karlin fut lâchement et cruellement assassiné le 12

juillet 1792 par un soldat ukrainien, lors d’un pogrom, dans la ville de

Ludomir. Il était alors en pleine prière.

 

Pasteur Vincens Hubac

 

Je suis extrêmement heureux d’être parmi vous.

le Seigneur Jésus-Christ est Juif. Le ‘Notre Père’ est une prière juive qui existait déjà. C’est une prière au Dieu unique. L’Evangile en arabe est un texte apocryphe.

L’homme a spontanément besoin de Dieu. Présence de Dieu au monde, un Dieu très proche des hommes. Le souffle de Dieu est dans notre être et cela nous permet de nous tourner vers lui. Je ne crois pas que la diversité soit source de divisions, mais que c’est une source de richesses. L’essentiel est de savoir se tourner vers Dieu.

                                

 

Echange dans l’un des 7 groupes de participants

 

 

       – Nicolas (christianisme) : Notre rencontre – célébration de la parole de Dieu entre chrétiens rappelait une démarche des premiers chrétiens : l’important était de le faire ensemble : mots, témoignages de foi…..

         Devoir de promouvoir l’amour : serait-ce répondre à un élan du coeur? En lisant les

textes, cela interroge notre propre foi : amour envers Dieu, envers soi-même, d’où amour envers les autres……Il s’agit de trouver les mots justes qui répondent à cette attitude.

         -> le devoir par amour de Dieu : savoir se dire :  j’aime, même si j’ai du mal à pardonner.

         -> comment aider à aimer ?

             Aimer (au sens allégorique) : c’est reconnaître le Christ dans l’autre.

             Aimer ( au sens littéral) : faire preuve d’un sentiment.

             Passer de l’individuel à la communauté ( Vivre ensemble) .

 

     –  Brahim (juif) : J’ai vécu un certain temps en Israël. Il y était plombier. A reconnu une certaine perplexité. En effet, bien souvent, dans des discussions à titre individuel, l’on pouvait

reconnaître faire preuve d’amour dans l’action, mais en groupe, c’était bien différent . Alors, côté tolérance, le monde n’avance pas….Les évènements font la concorde ou la discorde…..Il s’agit pourtant bien de porter le souci de la fraternité.

 

 –  Mohamed (Islam; informaticien et théologien) : Lors de notre réunion musulmane, il s’agissait de faire le lien entre la perception du droit et celle du devoir. A cela, il y a une réponse ; elle est fournie par les prophêtes qu’il faut suivre.

      Dans le cadre du dialogue interreligieux, il y a 2 axes à considérer : ne pas disjoindre la foi et le comportement. Être croyant : c’est témoigner de la vérité.

 

–  Jean (prêtre – catholicisme) : devoir et vérité : un exemple que j’ai voulu donner lors de la reconstruction de l’église dont j’étais le curé. J’ai eu le souci de faire apparaître un témoignage de foi et de vie. Sur les vitraux en façade de l’église, j’ai fait porter les textes de la Loi ( Ancien Testament), alternant avec des textes de l’Evangile (Nouveau Testament) repérables de l’intérieur, en faisant figurer également une calligraphie arabe.

      J’ajouterai qu’une religion n’est pas propriétaire de la Vérité à elle-seule.

  

–  Mohamed : Sur le thème de l’amour, les trois religions sont d’accord. Si tu aime Dieu, la prière devient naturelle, sinon tu es un menteur. Tu dois chercher le contentement de Dieu.

Ne pas rechercher le paradis en premier. Si tu donnes, tu dois être en accord avec Dieu. Tu penses aux tiens, mais as-tu pensé à Dieu? Enfin, détester ce que Dieu déteste et aimer ce que Dieu aime ( les pauvres, les maltraités). Dieu m’a créer pour faire du bien.

  

 –  Patrice : Faire appel à la prière. Être imprégné d’un message de Dieu, mais ma liberté ne doit pas être remis en cause.

 

 –  Madeleine : Amour, c’est plutôt du domaine du sentiment ; devoir, c’est du domaine de l’obligation. La question est de concilier les deux attitudes.

 

 –  René : devoir peut être action de grâce envers Dieu. Alors, cela devient un acte de reconnaissance de son amour. Nous sommes donc loin, dans ce cas, de l’obligation.

 

               

                  Ensemble, nous avons convenu qu’être croyant dans nos trois religions monothéistes,

           c’était source de valeurs communes que nous partegeons : amour envers Dieu et celui d’autrui ( les pauvres, les maltraités, etc….)

Hervé-Elie Bokobza
Haydar Demiryurek
Jacques-Yves Bohbot
Père Francis Barjot
Père Jean-François Ribard
Alexandre Vigne
Cheikh Abdelkader Achour
Hichem Bakri
Pasteur Vincens Hubac
Père Jean Courtès
Pere Noel Tanazacq
Rabbin Gabriel Hagaï
Jacques Lefort
Pasteure Diane barraud
Père Jean Louveau
Serge Benhaïm
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